18 juillet 2006

Le jeune cinéma français des années 90

Malgré quelques joyaux, les années 80 n’ont pas été brillantes pour le cinéma français. Vingt ans auparavant, l’explosion créative engendrée par la nouvelle vague menée par de jeunes français, fans du cinéma américain d’Howard Hawks, de Fritz Lang, ou d’Hitchcock, avait balayé l’académisme d’après-guerre et balisé la route d’un cinéma audacieux et vivant. Pourtant, c’est au cœur des années 70 que quelques étudiants de l’UCLA*, en Californie, marqués par la nouvelle vague française, dessinèrent les contours du cinéma d’aujourd’hui. Cette bande de potes, avec Spielberg, Coppola, Georges Lucas, De Palma, Scorsese (…), renouvelèrent un cinéma hollywoodien tournant en rond sur les cendres de son Age d’Or et organisèrent les bases esthétiques d’une industrie qui allait devenir hégémonique. De ce coté de l’Atlantique, les choses se compliquèrent sérieusement et les années 80 correspondent d’une part à la disparition quasi-totale de la production anglaise, allemande, et italienne, et d’autre part à la survie du cinéma français grâce aux systèmes d’aides au financement (l’avance sur recettes délivrée par le CNC*) mais sur des fondements artistiques très pauvres. En effet, dans cette période, l’essentiel de la production française consiste en des comédies de potaches et des navets portés à bout de bras par Bebel. Dans le même temps, les pionniers de la nouvelle vague peinent à trouver un nouveau souffle, quand ils ne l’ont pas définitivement rendu. Godard s’enferme dans des projets minoritaires, Chabrol est au creux de la vague, Truffaut meurt en 1983 (sa participation au film de Spielberg  Rencontres du troisième type est très symbolique du changement d’époque.). Seul Rohmer ne fléchit pas, mais il a toujours été un homme de la marge...  On assiste même, au cœur de ces années, à l’émergence de ce que la France du cinéma a peut-être créé de plus mauvais dans son histoire, et qui est la conséquence indirecte de l’emprise mondiale de la production hollywoodienne : une bande de gluons quasiment tous issus du clip vidéo (qui à l’époque n’est pas encore la source d’inventivité qu’il est devenu), avec à leur tête Luc Besson (Subway, Le grand bleu…) et Jean Pierre Beneix (Diva, 37.2 le matin). Leur ambition est clairement définie par celui d’entre eux qui manifeste la plus grande proximité génétique avec le monde lémurien, premier nommé : « je ne suis pas un cinéaste qui fait des films français (sous-entendu : des films prise de tête), je suis un cinéaste français qui fait des films ! » ; et ils en feront, hélas, mais loin de leur ambition déclarée (faire du cinéma hollywoodien), ils ne produiront que des ersatz écervelés.

Mais les choses vont changer alors que se profile le crépuscule des eighties.

Eric Rochant : une hirondelle qui annonce le printemps

La fin des années 80, c’est un peu la fin des années Tapie. Le mythe de la crise économique passagère et la sacralisation de l’argent facile et clinquant battent de l’aile, le spectre de l’URSS érigé comme preuve vivante de l’impossibilité du moindre changement s’effondre, l’idéologie dominante doit se faire plus subtile pour que les misérables souffrent en silence.

Un film surgit alors, qui dit beaucoup de cette époque, et qui sera le pionnier d’un véritable renouveau du cinéma français au cours des années suivantes, c’est Un monde sans pitié d’Eric Rochant. Son personnage principal, Hippo (Hippolyte Girardot) est un jeune homme d’une trentaine d’années, vivant à Paris sans autre ambition que d’être avec son frère, son pote, et des nanas. Il traverse la vie, désoeuvré, désabusé, résumant les maux de sa génération à qui veut l’écouter : « Qu’est-ce qu’ils nous ont laissé ?... Les lendemains qui chantent ?… Le grand marché européen ? Que dalle… on a rien… on a plus qu’à être amoureux comme des cons ! » .

Ce film sensible, émouvant et drôle, parfois empreint de quelques maladresses, est surtout important pour les enjeux dont il est porteur. En effet, il marque l’irruption sur la scène nationale d’une génération issue pour sa plus grande part de l’IDHEC (appelée ensuite FEMIS), école de cinéma aux professeurs pétris de cinéphilie. On voit poindre dans cette première œuvre la tendance qui s’affirmera ensuite : faire un cinéma vivant, refusant le sacrifice de la mise en scène sur l’autel du scénario, donnant sa chance à chaque personnage non pour incarner une idée mais pour figurer la vie.

Son succès (plus d’1 million d’entrées) va ouvrir la voie à une génération dorée d’auteurs qui vont dessiner par leurs succès artistiques et commerciaux, par leur proximité et leurs échanges (mêmes acteurs, collaborations scénaristiques), par leurs références esthétiques (on pense à la nouvelle vague, surtout Truffaut, mais aussi à Maurice Pialat…), la trame d’un véritable mouvement artistique.

On ne peut pas dire qu’Eric Rochant ait, lui, entièrement confirmé par la suite. Certes, son film suivant, « Aux yeux du monde » (1992) est intéressant. « Les Patriotes » (1994), film très ambitieux sur l’agence d’espionnage israélienne, le Mossad, est même assez remarquable. Mais, peut-être en raison de l’échec commercial de ce dernier, ses réalisations suivantes (Anna Oz en 1996, Vive la République en 1997, Total western en 2000) seront à chaque fois plus décevantes et on a du mal à espérer pour le futur.

Un souffle sur les braises et la flamme se ravive

A la suite de Rochant, toute une génération de cinéaste trouve enfin les moyens de produire leur travail et de le diffuser. Le contexte est sûrement favorable : la création de Canal +  va engendrer une forte demande de production française (y compris pour des réalisateurs étrangers…) et va stimuler la création, même si elle remet en cause à moyen terme la pérennité du système de financement du cinéma français (la chaîne ayant pris en charge une partie des frais  de production du cinéma français et par là favorisé un désengagement de l’état). D’autre part, la diffusion du cinéma français est mal en point et perd des parts de marché sur son sol : les spectateurs préfèrent aux comédies poussives et aux polars sans âme produits en France leurs originaux américains. On n’attend pas du cinéma français qu’il plagie celui d’Hollywood : il aura toujours le talent et l’argent en moins. On attend qu’il affirme ses spécificités, qu’il s’épanouisse dans ce cadre, et surtout qu’il nous dise quelque chose de la vie.

Une personne va s’y attacher : Arnaud Despleschin. Considéré aujourd’hui par certain comme l’héritier de Truffaut, il va réussir en une quinzaine d’année à constituer une œuvre dense, à l’ambition romanesque étonnante, et, en véritable leader générationnel, à devenir le carrefour d’influence d’une bonne partie du mouvement à l’œuvre dans cette période. Il participe d’ailleurs de son commencement, et dés la fin de ses études il rédige avec Rochant le scénario d’Un monde sans pitié. Participant à la vague qui déferle ensuite, il obtient l’avance sur recette pour deux scénarios et les réalise coup sur coup.

Sorti en 1991, La vie des morts met en scène une famille réunie autour des parents d’un proche cousin ; celui-ci s’est tiré une balle dans la tête, il est entre la vie et la mort. Le temps d’un week-end, chacun tentera de comprendre son geste et de vivre l’attente avec les autres. Tous redoutent l’annonce de la mort, bien sûr, mais aussi le soulagement coupable dont elle est porteuse.

Moyen métrage, quasiment en huis clos, ce premier film est déjà remarquable par l’épaisseur des personnages et par la sincérité de la mise en scène qui semble dérouler le fil de leur vie sous nos yeux.

La sentinelle sort juste après, en 1992. C’est un film important, très ambitieux dans la densité de sa narration. Hanté, lui aussi par la mort, il met en scène un jeune médecin légiste (Emmanuel Salinger) qui, de retour d’Allemagne ou il a fait ses études aux cotés de son père diplomate, se voit confié un paquet par un mystérieux inconnu. Parvenu à Paris, il l’ouvre et y découvre une tête humaine. Dés lors, il sera obsédé par l’idée de trouver son identité et, confronté aux services secrets et à la raison d’état, découvrira le sens de son métier : faire parler les morts. Cette tête racontant l’histoire d’un homme balayé par l’histoire des hommes, traverse le film comme une braise incandescente, allégorie magnifique de la transmission et de la mémoire.

Traitant avec audace et intelligence de la diplomatie à l’époque où s’effondre le rideau de fer, le réalisateur montre ici toute sa maturité et signe un très beau film, parfois empreint d’une inquiétante étrangeté.

1996 constitue une année charnière : Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle), plébiscité par la vraie critique cinéma, est un vrai succès populaire avec plus de 200 000 entrées en France. La trame pouvait en effrayer plus d’un : Paul (Mathieu Amalric), 29 ans, est chargé de cours en philo à la fac de Nanterre mais n’arrive ni à terminer sa thèse ni à quitter la fille qu’il fréquente depuis 10 ans. Au bord de la dépression, il sent sa vie basculer dans l’échec et le film va le suivre, de brimades en séductions imprévues, au fil du chemin qu’il empreinte vers l’acceptation de l’altérité et ce que la voix off du préambule appelle « sa vie d’adulte ». Mais si la crainte du parisianisme petit bourgeois pouvait étreindre ceux qui ont lu le synopsis avant de voir le film, la vision du film n’a pu que la réduire en cendre : c’est un plaisir de chaque instant, ou rires et larmes se disputent la faveur de nos émotions. Une œuvre majeure (certains, parait-il, en savourent encore un passage tous les matins en déjeunant… mais est-ce bien raisonnable ?).

A l’issue de la promotion de ce dernier film, Desplechin dira : « J’ai fait un film contre ma famille, un film contre mon pays, et maintenant un film contre mes amis. Désormais je peux commencer à faire du cinéma ! ».

Suivront, Esther Kahn (2000), narrant la vie d’une jeune fille embrassant la carrière d’actrice dans le Londres du 19ème siècle, porté par un casting international, que j’ai moins aimé (l’attente suscitée par le précédent, probablement), et Léo en jouant « Dans la compagnie des hommes » (2003), qui a connu une distribution confidentielle et que je n’ai pas pu voir.

En 2004, surgit son chef-d’œuvre (pour l’heure…), Rois et reines : une femme (Emmanuelle Devos) va se marier, mais elle veut avant cela trouver un père adoptif pour son fils, né d’un premier lit. Elle demande cette faveur à son ancien amant (Mathieu Amalric), interné en hôpital psychiatrique pour surmenage. On retrouve ici les thèmes chers à l’auteur : la mort et la responsabilité, la transmission et la mémoire, l’apprentissage de l’altérité… mais tout est magnifié dans un mélange détonnant de burlesque et de romanesque. Sûrement l’un des plus beaux films de ces dernières années, dans lequel Mathieu Amalric campe un personnage « somme », croisement du Doinel de Truffaut et de l’Hippo de Rochant, symbole d’un cinéma nourri par son histoire et de plein pied dans son époque.

Un leader, des émules, et des mules

On peut citer quelques uns des membres de ce mouvement, qui collaborent aux films des uns et des autres, jouent même dedans, et s’échangent leurs acteurs:

·    Cédric Kahn (Trop de bonheur -1994-, L’ennui -1998-, Roberto Succo -2000-)

·    Noémie Lvovsky (Oublie moi -1993-, La vie ne me fait pas peur -1999-)

·    Laurence Ferreira Barbosa (J’ai horreur de l’amour -1997-)

·    Pascale Férran (Petits arrangement avec les morts -1993-, L’age des possibles -1995-)

·    Patricia Mazui (Travolta et moi -1994-, Saint Cyr -2000-)

·    Bruno Podalydès (Dieu seul me voit -1996-, Liberté Oleron -1999-, Le mystère de la chambre jaune -2002-)

·    Olivier Assayas (Paris s’éveille -1991-, Fin août, début septembre -1998-, Clean -2004-)

·    Xavier Beauvois (N’oublie pas que tu va mourir -1995-, Selon Mathieu -2001-, Petit lieutenant -2005-)

·    Abdellatif Kechiche (La faute à Voltaire -2000-, L’esquive -2003-)

·    Arnaud et Jean Marie Larrieu (La brèche de Roland -2000-, Un homme un vrai -2003-, Peindre ou faire l’amour -2005-)

·    Mathieu Amalric, acteur fétiche d’une bonne partie mais aussi réalisateur (Mange ta soupe, Le stade de Wimbledon)

Tous, malgré leurs différentes orientations, ont en commun d’avoir vu naître leur talent et les moyens de le mettre en œuvre sur la vague d’un renouveau productif tenant avant tout à la lassitude des spectateurs, gavés depuis trop longtemps par les niaiseries sans âme et avilissantes de quelques faiseurs n’ayant à offrir que le spectacle de leur dédain pour l’humanité et pour la vie. Car c’est bien le spectacle de la vie que ces jeunes réalisateurs ont remis au goût du jour. La vie qui fait du bien quand elle fait mal, celle qui se regarde dans la glace : celle des jeunes de banlieue qui montent un spectacle de Marivaux chez Abdelatif Kechiche (L’esquive) ;  celle d’un homme qui perd le sens de ce qu’est son existence en rompant le lien qui l’attache aux autres, son travail, chez Laurent Cantet (L’emploi du temps).

Voila bien la vie telle qu’elle n’existe pas dans les films de Patrice Leconte, Luc Besson ou de Jean Pierre Jeunet, car ceux-la n’aiment pas la vie et n’aiment pas la France telle qu’elle est, préférant la travestir dans leurs films en une image d’Épinal (Cf. Le fabuleux destin d’Amélie Poulain). Pas étonnant que l’on retrouve ceux-là en première ligne d’une polémique contre la critique cinéma la moins arriérée (Cahiers du cinéma, Inrockuptibles, Libération…) et qu’ils sélectionnent les journalistes qui seront habilités à parler de leurs créations (bien qu’ils n’aient aucun problème pour monter leurs films en profitant comme les autres du système de préfinancement tout en crachant sur l’intellectualisme français qui le sous-tend).

On ne saurait être juste si l’on prenait pas la peine de citer quelques uns des acteurs qui participent à la joyeuse émulation qui nourrit cette génération : Emmanuel Salinger, Mathieu Amalric, Jeanne Balibar, Marianne Denicourt, Emmanuelle Devos, Jalil Lespert, Denis Podalydès, Hippolyte Girardot (présent aux débuts –Un monde sans pitié-, et de retour pour l’apogée –Rois et reines)…

Une diversité réjouissante et des anciens requinqués

A coté du mouvement assez cohérent que l’on a décrit, certains auteurs, participant à leur manière à cette nouvelle vague avec d’autres ambitions, parviennent à créer et à développer des univers artistiques autonomes.

·  Jean François Richet s’appuie sur la question sociale, la liant à la réalité des banlieues et l’enrichissant de l’univers du rap (Etat des lieux, Ma 6t va cracker, De l’amour).

·  François Ozon explore différentes formes narratives (Sitcom, Sous le sable, Huit femmes).

·  Léos Carax anime un univers esthétique au romantisme exacerbé (Boys meets girls, Mauvais sang, Les amants du pont neuf, Pola X).

·  Bruno Dumont tisse des liens étranges entre le film social et des incursions étonnantes dans le registre de l’épouvante. Ces films tranchent par la tension qui étreint le spectateur au contact de situations crues renforcées par une mise en scène malaisante (La vie de jésus, L’humanité, Twentynine Palms, Flandre). Un réalisateur surprenant.

·  Claire Denis, elle, sonde avec brio les ressorts de la sauvagerie humaine dans des réalisations aux atmosphères étouffantes où le jour et la nuit se confondent et engloutissent les hommes (Chocolat, J’ai pas sommeil, Beau travail, Trouble everyday).

·  Philippe Grandrieux est le plus incisif, dans son ambition « lynchienne » de bouleverser les codes de la narration et les jeux de lumière. Ces deux réalisations, à ce jour, Sombre et La vie Nouvelle comptent parmi les expériences les plus troublantes et les plus fascinantes que le cinéma français nous ait donné à vivre récemment.

De plus, cette vitalité retrouvée du jeune cinéma semble avoir, sinon réveillée, du moins aiguisée la faim et l’enthousiasme toujours vert des grands anciens, en leur redonnant une légitimité et une modernité. Jean Claude Brisseau ou Catherine Breillat, d’une génération intermédiaire, développent leur univers avec audace et sans tabous. Maurice Pialat, qui n’a jamais failli dans son entreprise artistique, se voit enfin élevé au niveau des plus grands en constituant une des influences majeures de la nouvelle génération. Enfin, aux cotés de Rohmer, qui, à plus de 70 ans, surprend encore par la pertinence et la fraîcheur du regard qu’il porte sur les jeux amoureux (Conte d’été -1996-, est de ce point de vue magnifique), Claude Chabrol et Jacques Rivette semblent retrouver un second souffle créatif.

Un horizon chargé de menaces mais porteur d’espoir

Ne nous voilons pas la face, les années 2000 voient déjà s’émousser le mouvement. S’il est créatif, il est évident que le jeune cinéma français, et avec lui une partie du cinéma mondial non américain (Manoël de Oliveira, Otar Iossélani, Abbas Kiarostami…), ne peut survivre face la concurrence de la puissance économique hollywoodienne que grâce à son système de soutien étatique à la création. La fondation de Canal +, si elle a permis dans un premier temps de stimuler cette production, l’a rendu tutélaire des orientations stratégiques de Vivendi-Universal. Or, on voit que  Canal + se désengage peu à peu de la production cinématographique, ou la recentre sur des grosses daubes à amortissement garanti (Les choristes, etc…), pour pouvoir acheter les droits des prochaines saisons de foot ou investir dans les séries télés américaines… D’autre part, Arte, qui a largement contribué à la production de beaucoup des films que j’ai cités semble aussi revenir sur cette politique. Il est à craindre, dans ce cadre, que les gouvernements français successifs, qui se demandent combien de temps ils seront obligés de défendre l’exception culturelle française pour pouvoir faire accepter la déréglementation des services exigée par l’Europe, n’en profitent pour réduire au minimum la subvention publique du cinéma (concurrence déloyale et obstacle aux règles du marché selon l’Union Européenne). On voit déjà cette logique à l’œuvre : les réalisateurs ont de plus en plus de mal à obtenir le financement de leurs films, y compris des artistes majeurs (Cf. l’histoire récente d’un grand réalisateur français qui a vu son projet rejeté avec mépris et pédanterie par le nouveau directeur de production d’Arte cinéma), et les premiers films se font de plus en plus rares.

Néanmoins, il y a lieu de garder espoir. Tout d’abord, les confirmations magnifiques se multiplient dans cette génération qui n’aura pas été un feu de paille. Pour les plus récents, Rois et reines d’Arnaud Desplechin, Un homme un vrai des frères Larrieu, L’esquive d’Abdelatif Kechiche, ou encore Le petit lieutenant de Xavier Beauvois, sont des réussites artistiques formidables et des succès publics (plus de 500 000 entrées-France pour Rois et reines, film de trois heures sans effet spécial ni enfant qui chante). Et puis surtout, les politiques à l’œuvre pour détruire le cinéma indépendant et le cinéma français en particulier sont les mêmes qui tentent d’imposer la liquidation de toute forme de garantie sociale et de solidarité. On a bien vu en mai 2005, à l’occasion du referendum sur la constitution européenne, que ces politiques peuvent être mises en échec : c’est en partie dans l’issue de cette lutte que se joue l’avenir du cinéma français.

Laurent

·   UCLA :

University

of

Californie

 

Los Angeles

·   CNC   : Centre national de la cinématographie

Posté par lambda à 21:10 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Le jeune cinéma français des années 90 Malgré

    c'est très interessant ce bilan très enrichi de la situation cinématographique française. Etant moi même amateur de cinéma, je reviendrai ici car la forme est accessible, et le contenu très riche ce qui permet de pousser ma reflexion plus loin...
    à bientôt

    Posté par antoine, 19 juillet 2006 à 13:41 | | Répondre
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