21 août 2006

Le courrier des lecteurs.

En réaction à l’article sur David Lynch :

Merci d’avoir mis en ligne votre bulletin, sinon je ne sais pas comment on l'aurait lu...


Comme tu le dis en préambule, écrire sur Lynch, c'est souvent "au mieux un point d’appui pour susciter l’envie d’aller le découvrir". Ton essai remplit très bien cette fonction, et de manière assez originale, car c'est bien la première fois que je vois quelqu'un mettre en avant : "Lynch est avant tout un naturaliste".


Cet aspect est très souvent jugé comme mineur, et ce n'est jamais ce à quoi on pense en premier quand on veut présenter Lynch à un novice ! Je trouve donc ton approche très intéressante, et très saine (Lynch étant trop souvent présenté comme quelqu'un de pas vraiment sain, ce qui est un cliché qui ne résiste pas à l'analyse...).


Dans ce paragraphe, juste une remarque à propos de cette phrase : "Un certain nombre de réalisateur ont montré l’Amérique profonde comme nécessairement violente, raciste, réactionnaire, acculturé. Lynch, avec ce film, nous montre le vrai visage de la ruralité" => est-ce LE vrai visage de la ruralité ? Non, c'est un AUTRE visage de la ruralité, et à c'est tout à l'honneur de Lynch de le montrer, car en effet, un des aspects trop souvent montrés est bien le côté inculte, raciste et violent de l'Amérique profonde. Mais ce visage existe aussi. L'Amérique est vaste et ses campagnes ne sont pas toutes semblables.


Autre point n'ayant rien à voir, je regrette que tu introduises des spoilers qui m'auraient personnellement fortement irrité si je n'avais pas vu Eraserhead et Twin Peaks (le feuilleton). Il faudrait au moins les signaler, mais le mieux, dans ce genre d'essai de présentation, est de les proscrire totalement, non ?


Enfin, il y a une affirmation qui m'interpelle : "Il y a finalement assez peu de livres qui lui sont consacrés". Cela me paraît erroné. Même si on se cantonne aux livres sur Lynch parus en français, c'est un des cinéastes sur lequel il y a le plus de livres disponibles. Il faut monter jusqu'à Kubrick pour trouver autant ou plus de livres sur un cinéaste ! Par contre il est vrai que le web, c'est sans comparaison...


Ce sont des broutilles, mais je suppose que ce sont les détails qui t'intéressent, et pas juste un "sympa, ton article ! merci"


Sur ce, belle vie à Cinéscope !

Sébastien

Voici une réponse qui n’engage que l’auteur de l’article :

Salut. Tout d’abord, merci d’avoir pris le temps de faire quelques remarques, en effet toujours plus intéressantes qu’un simple « salut c’est sympa ».

Tout d’abord, sur les fautes en effet, cela demanderait une relecture attentive, car on en oublie quelques unes parfois (parfois souvent, soyons honnête).

Je partage ton point de vue sur la sous estimation du soucis de Lynch de retranscrire la réalité. Cela est du à mon avis à un effet d’optique : sa façon très avant gardiste de filmer empêche parfois de saisir cela. D’ailleurs, l’article ne va pas assez loin dans ce sens.

Sur la ruralité, je comprends ce que tu veux te dire. Mais j’estime pour ma part que la plupart des auteurs qui ont traité le sujet, westerns exclus (découlant de la conquête de l’ouest et qui fait parti de la fondation de la nation américaine), nous ont montré une ruralité nécessairement réactionnaire. Non point que cela n’existe pas (certes), mais que dans le même temps, d’autres aspects ont été totalement ignorés. Peut être qu’Alvine est profond réac sur certains sujets. Peut être que la plupart des personnes qu’il croise auraient une vision des problèmes mondiaux assez éloignée de ce que l’on peut considérer comme la civilisation. Il n’empêche, ces mêmes personnages sont capables d’une grande solidarité quand ils sont confrontés à des problèmes concrets. Le pragmatisme y est profondément ancré.

Mais tout cela peut se discuter. Je ne pense pas qu’il y ai deux ruralités, mais il y a comme dans chaque chose, une dualité. Celle-ci peut se rassembler dans un même ensemble. Les oppositions sont bien le moteur de l’histoire non ?

Je suppose que ce que tu appelles « spoilers » c’est le fait d’annoncer une partie du scénario ? Je plaide coupable avec préméditation pour trois raisons : j’ai choisi de parler de certaines scènes pour illustrer le propos, mais en faisant attention de ne pas dévoiler tout le mystère ; ensuite, le scénario n’est pas le centre (à mon avis) du cinéma de Lynch ; enfin, notre article s’adresse surtout à des gens qui aiment et qui connaissent un peu le cinéma. Nous devons être lus par 300 personnes. A ce stade, nous cherchons le contact avec des cinéphiles pour qui Lynch est quand même connu. Mais promis, dans le prochain, on ne dira pas la fin d'Inland Empire.

Sur les livres, je nuancerais ce que tu dis. J’estime qu’il y a peu de livre sur Lynch pour plusieurs raisons. Si l’on compare la richesse de ses œuvres (je ne dis pas la quantité) et le volume de l’engouement des amateurs, il me semble qu’il y a peu de choses. Ensuite, il n’y a rien de formidable. Je ne prétends pas faire mieux, mais je ne suis pas critique de film. Mais le livre de Chion est à mon avis soit un peu superficiel, soit pas franchement convaincant. Quand celui-ci compare les cheminées du générique de Twin Peaks à un symbole phallique (« Les fumées des usines sont donc pour Lynch un symbole phallique de production »), je suis sceptique. J’ai un peu l’impression que l’auteur balance parfois ce qui lui passe par la tête avec le vague sentiment que "ça peut coller". L’exemple des fumées est le seul qui me vient, mais j’avais eu un peu ce sentiment tout au long du livre. J’avais parcouru le livre sur Lost Highway, le purgatoire des sens. Je ne sais pas à qui s’adressait l’auteur, mais j’ai trouvé ça très pompeux, prétentieux, avec des analogies discutables. Je n’ai eu la chance de lire le numéro d’éclipse, ça pèserait peut être dans mon jugement.

Les seuls trucs que j’ai appréciés finalement, ce sont les articles parus dans la presse, courts, synthétiques, souvent avec des idées intéressantes et des vraies infos.

Je pense donc que le livre sur l’œuvre de Lynch reste à écrire.

J’espère que ma réponse permettra que l’on continue la discussion. Par ailleurs, n’hésite pas à me faire part de tes réactions concernant les autres articles.

Amitiés.

Alexandre Lucresse.

Bonjour,

Excusez-moi pour cette réponse tardive.

J'ai parcouru votre n°0 de Cinescope avec plaisir. Simple regret, la mise en page n'est pas très accrocheuse.

En effet, les sujets et les développements sont intéressants, mais une relecture plus attentive serait bénéfique (quelques fautes d'orthographe) pour donner une meilleure cohérence à ce bulletin.

Encore bravo, bon courage à vous pour la suite, n'hésitez pas à nous tenir au courant.

Par ailleurs, nous avions nous aussi lancé il y a quelques temps un n°0 de "Caméra-Stylo" (http://vanisback.free.fr/larevueducinema/formulairecamerastylo.html), peut-être pourrions nous envisager une collaboration par la suite.

Amicalement,

Vanessa Bonnefont

Pas d'accord (sur l’article « théorème » de Pasolini).

Pour moi, théorème illustre l'irruption du désir physique (et de la vie! ) dans une société qui l'a rejeté. Une fois touché par cela chaque protagoniste pourra se réfugier dans l'échappatoire qu'il trouvera (religion, ascèse, art) la morsure du désir ne les quittera plus.

Ce film (comme l'évangile selon saint Mathieu) est donc pour moi brutalement anti religieux, l'église catholique n'a rien compris on en a l'habitude (elle soutient bien Mauriac qui n'a eu de cesse de se moquer d'elle).


Pour Pasolini le désir physique devient donc le début et a fin, le sens de la vie. Ce thème sera évidemment rebattu dans tout le reste de sa filmo.


Mais on a là un premier film, et c'est ce qui est le plus frustrant, Pasolini passe a coté de son sujet par peur de la censure. Cette peur le quittera plus tard pour réaliser Salo. Cependant théorème reste à tout jamais un film incomplet, un grand film mort né.


Yann

Y'a un côté "donneur de leçons" typique des Cahiers (je parle de ceux d'aujourd'hui - enfin d'il y a deux-trois ans, je les lis plus maintenant) qui me gêne un peu, d'autant que la syntaxe, l'orthographe voire même la pertinence (je ne vois pas ce que le texte sur American History X apporte par rapport à ce qui avait été dit à l'époque) ne sont pas toujours au rendez-vous... L'effort est appréciable, mais pour se démarquer de la quantité faramineuse de tentatives du même style, il faudrait éviter de tomber en trois lignes dans une "posture" un peu pénible ("Jeunet gros nase, Grandrieux génie", je l'ai entendu pendant toutes mes années d'étudiant chez des gens qui ne savaient pas ce que l'expression mise en scène voulait dire...).
Si vous voulez avoir une chance de toucher un certain public (je dis bien si, y'en a qui se contentent de l'onanisme intellectuel), il faut peut-être plus ouvrir que s'inscrire d'emblée dans le péremptoire et dans le jugement définitif un peu hautain (en cela, je surenchéris sur la remarque du rédacteur de filmdeculte)... M'enfin, c'est mon avis, faites-en ce que vous en voulez

Ed (forum Dvdclassik) 

Bonjour,
Pas mal dans l'ensemble, sauf l'intro et la critique sur American History X. qui sont un peu trop faciles et relâchés à mon goût.

Cordialement, Kevin

Posté par lambda à 17:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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